Une main qui picote et réveille la nuit est une plainte fréquente et souvent anxiogène. La sensation de fourmillements, de picotements ou d’engourdissement est appelée paresthésie. Selon la distribution des symptômes, leur horaire et les signes associés, il est possible d’orienter la cause vers une atteinte nerveuse locale, une neuropathie plus diffuse, une carence ou une pathologie rachidienne. Ce guide synthétique explique les causes les plus probables, que faire immédiatement à la maison et quels signes nécessitent une consultation urgente.
Comment décrire la sensation pour mieux orienter le diagnostic
La description précise est essentielle. Notez l’heure d’apparition (surtout la nuit), la répartition sur les doigts ou la main (pouce, index, majeur, annulaire, auriculaire), l’aspect unilatéral ou bilatéral, la présence ou non de douleur, ainsi que l’évolution : intermittente, paroxystique ou continue. Observez aussi la force de préhension, la capacité à pincer le pouce et l’index, la présence de raideur matinale et les facteurs qui améliorent ou aggravent la sensation (position du poignet, froid, activité répétitive).
Causes les plus fréquentes
Plusieurs étiologies expliquent des picotements nocturnes des mains. Les plus communes sont :
- Syndrome du canal carpien : compression du nerf médian au poignet, typiquement responsable de picotements nocturnes touchant pouce, index, majeur et moitié radiale de l’annulaire, parfois accompagnés de faiblesse de la pince.
- Neuropathie périphérique du à un diabète ou à d’autres toxiques : souvent diffuse, symétrique, plus marquée aux extrémités et elle associe parfois des sensations de brûlure.
- Carence en vitamine B12 ou autres carences vitaminiques : peuvent provoquer des paresthésies progressivement évolutives et s’accompagnent de signes généraux comme fatigue, pâleur ou troubles cognitifs.
- Compression radiculaire cervicale (hernie discale) : provoque des douleurs irradiantes dans le bras et des fourmillements unilatéraux souvent associés à une douleur du cou.
- Causes mécaniques liées à la posture ou au travail répétitif : positions prolongées du poignet ou gestes répétitifs favorisent la compression nerveuse locale.
Examens simples à réaliser ou demander
Lors de la consultation, le médecin réalisera des tests cliniques simples comme le test de Phalen (flexion du poignet) et le test de Tinel (tapotement du canal carpien) pour le syndrome du canal carpien. Un examen neurologique pour évaluer la force et les réflexes est utile. Des examens complémentaires peuvent être proposés selon le contexte : électromyogramme (EMG) pour confirmer une neuropathie ou une compression nerveuse, bilan sanguin (glycémie, hémogramme, dosage de la vitamine B12) si l’on suspecte un diabète ou une carence, et imagerie cervicale si une origine radiculaire est possible.
Que faire immédiatement à la maison
Plusieurs mesures simples peuvent soulager temporairement et limiter l’aggravation :
- Porter une attelle nocturne de poignet qui maintien le poignet en position neutre et réduit la pression sur le nerf médian.
- Modifier les positions au travail : pauses régulières, ergonomie du poste, relâchement de la prise, utiliser des outils adaptés.
- Repos relatif du poignet ou de la main concernée et éviter les efforts intenses ou répétitifs lorsque les symptômes sont aigus.
- Étirements doux et exercices de mobilisation du poignet et des doigts plusieurs fois par jour.
- Contrôler la glycémie si vous êtes diabétique et corriger les facteurs favorisants (alcool, tabac, médicaments toxiques pour les nerfs).
Signes qui justifient une consultation urgente
Certains signes imposent une prise en charge rapide :
- Perte de force marquée de la main ou difficulté à tenir des objets : signe d’atteinte motrice, à évaluer rapidement.
- Engourdissement progressif associé à troubles de la marche ou à une faiblesse généralisée : nécessite une évaluation neurologique en urgence.
- Douleur intense, inflammation locale, chaleur ou signes infectieux : consulter sans délai.
- Sensation de fourmillements qui s’étend rapidement ou devient bilatérale et symétrique chez une personne diabétique : bilan à court terme recommandé.
À qui s’adresser et comment se préparer pour la consultation
Commencez par votre médecin généraliste qui réalisera un examen clinique et demandera les premiers bilans. Selon les résultats, il pourra vous orienter vers un neurologue, un rhumatologue, un endocrinologue (si diabète) ou un chirurgien de la main. Pour gagner du temps, préparez une liste de vos symptômes avec leurs horaires, une chronologie, les facteurs d’aggravation et d’amélioration, vos antécédents médicaux, traitements en cours et résultats de bilans récents.
Les picotements nocturnes d’une main sont souvent bénins et liés à une compression nerveuse comme le syndrome du canal carpien, à des habitudes posturales ou à des carences. Toutefois, la présence d’une faiblesse, d’une progression rapide des symptômes ou de signes généraux impose une consultation rapide. Des gestes simples à domicile peuvent soulager en attendant un bilan. En cas de doute, consultez votre médecin pour établir un diagnostic précis et proposer un traitement approprié.





